Lance le dé... de SourireSmagiqueS

Lance le dé... de SourireSmagiqueS
 
Trouvé sur ce blog : draco-mione-so-cute
 
Trois mois que ça avait commencé. Trois mois qu'elle changeait d'humeur aussi souvent que de cours. Par exemple aujourd'hui, un lundi, elle était mélancolique pendant la première heure du matin ; en Métamorphose, elle revoyait le rêve qu'elle avait fait durant la nuit, rêve où il était inmanquablement présent ; ensuite, elle était bougonne et irritable pendant les trois heures de Potion durant lesquelles elle s'énervait de son absence ; alors qu'elle mangeait le midi, elle était pensive et rêveuse, les yeux fixés sur lui, l'oreille écoutant à peine ce que lui racontaient Harry et Ron ; arrivée en Histoire de la magie, elle était agacée et tendue en l'entendant faire son intéressant et lancer des répliques mauvaises à la première personne qui ne lui plaisait pas ; et enfin, en Sortilèges, alors qu'elle lui avait totalement pardonné la conduite qu'il avait eu l'heure précédente, elle était euphorique et impatiente tant elle trépignait de le revoir, en cachette bien sûr.

Car oui, c'étaient aussi trois mois de secret, de cachotteries et de mensonges. Ce dont elle avait le plus honte, d'ailleurs. Elle ne supportait pas de devoir mentir à ses amis mais elle, tout comme lui, ne pouvait se permettre d'assumer une telle relation.

Mais ce n'était pas de leur faute ! Oh non, c'était de la faute de tous ces autres aux idées arrêtées qu'ils prétendaient parfaites ! Pour eux, ils étaient un peu comme l'huile et le vinaigre, à ne pas mélanger. S'ils savaient qu'elle sortait avec lui depuis trois mois, elle n'imaginait même pas les vagues que ça pourrait causer. Elle serait sans doute celle qui aurait le plus de problèmes. Elle était une Sang-de-Bourbe à Gryffondor, mais en plus de cela, elle était la meilleure amie du Survivant et membre de l'Armée de Dumbledore. Autant dire qu'elle serait instantanément assassinée pour avoir osé ne serait-ce qu'effleurer les lèvres de Draco Malefoy.

Et oui, c'était bien lui qui occupait toutes ses pensées et peuplait le moindre de ses rêves. Étonnant, absurde, grotesque, éc½urant... Chacun de ces adjectifs lui était venu à l'esprit quand l'affreuse vérité s'était insinuée en elle : elle était irrévocablement tombée amoureuse de Draco Malefoy. Le grand, le beau, le cynique et froid Draco Malefoy, Prince des Serpentard, fils d'un Mangemort retenu prisonnier à Azkaban et filleul du ténébreux professeur Rogue. Un dernier détail qui s'ajoutait à son supplice : il était un Mangemort...

Elle l'avait découvert lors de... leurs pratiques. Pour être précis, c'était deux mois et demi auparavant. Cela faisait deux semaines qu'ils avaient commencé à se voir en cachette. A cette époque, ils se contentaient de s'embrasser, un peu sauvagement certes, mais ça n'allait jamais plus loin. C'était encore simple et léger, juste une relation de pas grand-chose basée sur presque rien. Elle voulait s'évader, oublier Ron qui semblait ne plus la remarquer au bras de sa Lavande et puis, bien qu'elle avait du mal à se l'avouer, Draco l'attirait un peu trop à son goût. Lui avait besoin de se changer les idées, juste histoire de ne plus penser à sa mission et elle était plutôt bien foutue, c'était son avis. Puis, ce samedi qui concluait leurs deux semaines en « couple », sans vraiment le prévoir, ils ont sauté le pas. Ils ont couché ensemble pour la première fois, en haut de la tour d'astronomie –un lieu étrange, il fallait bien l'admettre, mais ils avaient pris l'habitude de s'y donner rendez-vous.

Mais elle n'avait remarqué son tatouage qu'après, alors qu'il se rhabillait et s'apprêtait à repartir. Ça lui avait fait un choc, elle qui avait toujours refusé de croire aux accusations d'Harry en ce qui concernait l'appartenance du blond à la troupe des Mangemorts. Elle avait été sonnée et n'avait retrouvé le contrôle d'elle-même que quand il était déjà parti, en lui souhaitant un vague « bonne nuit ».

Le lendemain, elle lui en avait parlé mais il lui avait dit que ça ne la regardait pas. Elle lui avait répliqué qu'ils sortaient ensemble et qu'elle avait bien le droit de savoir. Il lui avait dit :

_Et ben, maintenant, tu sais. Et puis, Granger, on sort pas ensemble ; on se roule des pelles et on baise, c'est tout !

Elle avait été folle de rage et l'avait giflé. Comment osait-il penser qu'elle n'était avec lui que pour... ? Puis, la vérité lui avait foncé dessus. D'un certain côté, c'était vrai. Il n'y avait rien d'autre que des baisers et du sexe, elle-même en était consciente. Alors elle s'était calmée et n'était plus revenue sur le sujet.

Les rendez-vous secrets se sont multipliés ainsi que tout ce qui les accompagnait. Elle avait un peu honte de la relation qu'elle entretenait avec le Serpentard mais ça portait ses fruits : ses pensées ne se dirigeaient presque plus vers Ron, lui préférant bien plus le beau blond. Alors elle continuait, en ne remarquant rien. Non, elle ne s'apercevait pas qu'il lui manquait de plus en plus. Elle ne s'apercevait pas des battements de son c½ur quand il se trouvait dans son champ de vision. Elle ne s'apercevait pas de la rage qui s'insinuait en elle quand elle voyait les filles le couver du regard et tenter tout ce qu'elles pouvaient pour s'en approcher. Elle ne s'apercevait pas qu'elle l'aimait.

Cependant, un jour, elle avait compris et tout était devenu plus facile et, en même temps, si compliqué. Elle vivait ces moments avec lui avec une joie indéfinissable mais elle avait de plus en plus mal quand il lui lançait des phrases blessantes. Elle adorait le regarder et penser qu'il était à elle chaque soir mais elle vivait mal qu'il laisse Pansy lui ronronner des mots doux à l'oreille.

Mais elle ne disait rien et encaissait les coups en silence. Que pouvait-elle faire, après tout ? Il n'était avec elle que pour le sexe, il lui avait dit clairement. S'il savait qu'elle éprouvait ne serait-ce que le plus petit sentiment envers lui, il romprait et ça, elle ne pourrait le supporter. Elle préférait largement faire style de rien et continuer à le voir, tard le soir.

Comme ce soir.

Elle gravit les marches de la tour d'astronomie avec souplesse. Elle avait l'habitude maintenant. Quand elle arriva à son sommet, il était déjà là, à admirer les étoiles. Peut-être était-ce parce qu'il aimait la lune et le ciel étoilé qu'il avait nommé ce lieu comme lieu caractéristique de leurs rendez-vous.

_Salut, murmura-t-elle.

Il resta un moment immobile, à continuer de fixer les cieux, puis il se retourna vers elle. Pas un sourire, seulement un regard perçant et scrutateur. Comme d'habitude. Il ne lui souriait que rarement : quand il se moquait d'elle ; quand il s'en allait ; quand il l'embrassait. Ce n'était jamais le même sourire, d'ailleurs. Il passait de hautain à charmeur, de cynique à amusé et de satisfait à malicieux. Pourtant, elle les aimait tous.

_Tu as passé une bonne journée, Granger ?

Il lui posait toujours une question comme celle-ci, pour s'informer de son humeur et des évènements de sa journée. Elle n'avait jamais su pourquoi. Était-ce pour l'amadouer pour mieux pouvoir la manipuler ? S'inquiétait-il sincèrement de sa vie ? Ou était-ce un prétexte pour faire trembler le silence ?

« Non », pensa-t-elle très fort. Elle ne l'avait croisé qu'une fois. Il avait séché les cours. Encore sa mission.

_Ça va, marmonna-t-elle, puis après un silence, et toi ?
_Jamais.

Elle savait qu'il répondrait ça mais elle se faisait un devoir de lui poser la question. Une façon bien à elle de lui montrer qu'elle était là, près de lui, prête à l'aider s'il lui en laissait l'opportunité. Mais il ne semblait pas impatient qu'elle lui vienne en aide. Son honneur de Serpentard. Un peu comme certains Gryffondor qu'elle connaissait bien. En fait, l'honneur et l'orgueil étaient des vertus de chacune des maisons. Au fond, les Serpentard ne voulaient paraître faibles, pas plus que les Serdaigle, les Poufsouffle ou les Gryffondor. Mais on se donnait comme point d'honneur de mépriser et de détester les Serpentard. A cause de ça, elle ne pouvait pas révéler leur relation. Enfin, il faudrait encore qu'il le désire...

Il franchit la distance qui les séparait encore et lui agrippant la taille, il la colla contre lui pour l'embrasser. Elle adorait ses baisers. Ils étaient bien mieux que ceux qu'elle avait connus auprès de Viktor Krum. Non pas que ce dernier soit un minable en ce domaine, à cette époque elle les avait appréciés, mais le blond était vraiment imbattable. D'un certain côté, vu le nombre de filles qu'il avait embrassées, elle pouvait comprendre. Et elle détestait penser à ça mais comment s'en empêcher ? Elle savait bien qu'elle n'était pas la première et que, même maintenant, elle n'était pas la seule à avoir une place dans ses bras. Pansy, par exemple, et les deux s½urs Greengrass. Et d'autres, surement. Draco Malefoy n'était pas ce que l'on pouvait appeler un homme fidèle mais le pire est qu'il ne le cachait à aucune de ses conquêtes : toutes savaient très bien qu'elles n'avaient pas l'exclusivité mais à quoi bon s'en plaindre ? Ce n'était pas un romantique, ni un sentimental. Si elles émettaient le moindre reproche, elles pouvaient tout de suite faire une croix sur lui et il les remplacerait. Quoi de plus facile ? Oh oui, Hermione détestait ce côté de lui mais elle n'aurait jamais le luxe de faire le tri dans ses défauts. Elle devait l'accepter entièrement ou l'oublier. Sachant qu'elle ne pouvait l'oublier, elle n'avait donc pas le choix... Prise au piège d'un jeu dont elle s'était crue maîtresse, au début.

Alors, elle profitait de ses baisers doux et agréables, féroces et sauvages, lascifs et sensuels. Même à travers ses baisers, il était lunatique et changeant. C'était déroutant mais Hermione avait appris à aimer. Elle avait pris du temps, cependant. Elle n'avait jamais aimé ce qui ne pouvait être contrôlé ou prédit. Et ce qu'on pouvait affirmer sans se tromper, c'était bien que Draco était indomptable, incontrôlable et imprévisible. Elle ne pouvait ni le comprendre, ni deviner ses pensées et encore moins prédire ses réactions. Il changeait de comportement et d'humeur aussi souvent que le c½ur le lui en disait, interférant sur ses propres sentiments à elle. Il jouait avec ses nerfs et son c½ur. Il dépassait les bornes sans retenue, piétinait son orgueil et insultait tout en elle. Elle ne se sentait capable de rien pour se défendre, elle accusait les coups et ravalait sa ranc½ur.

Et en parallèle, il pouvait se montrer presque prévenant, presque aimant et presque charmant. Il lui demandait les détails de sa journée, des nouvelles de ses parents avec qui elle entretenait une correspondance continuelle et la questionnait sur ses goûts.

Alors comment savoir avec lui ? Hermione n'avait pas encore trouvé de solution et voyait leur relation bancale et incertaine flancher par instant, pour resplendir de beauté celui d'après. Mais elle devait bien admettre qu'il ne se montrait jamais ni violent, ni brutal. Il se contentait de son ton méprisant, de ses regards blessants, de ses remarques insultantes et de son comportement révoltant. C'était déjà ça.

#



_C'était si... inoubliable ! s'extasiait une Poufsouffle.
_Comment ça ? Raconte, Jenny ! la pressait son amie, excitée.
_Je ne sais pas comment l'expliquer... Draco était tout simplement merveilleux !

Et voilà qu'Hermione sentait son c½ur se tordre et se distordre. C'était à chaque fois la même sensation de vide et de souffrance. Ses mains se mettaient à trembler et son pouls battait des records de vitesse. Elle avait soudainement froid et avait l'impression de tomber dans un puits étroit et sans fond. Le puits de sa douleur, surement.

Elle n'osait lever la tête vers les deux jeunes filles, de peur de ne pas parvenir à contrôler sa haine. Elle redoutait de succomber à ses pulsions et de lancer le pire sort qu'elle connaissait à cette Jenny qui se vantait des moments passés avec Draco.

Avant de sortir avec lui, elle avait été persuadée qu'il se contentait des filles de sa maison mais elle avait découvert la réalité depuis ce temps-là. Draco n'avait pas de limite quand il s'agissait d'enchaîner les conquêtes. Mais ces filles gardaient son secret, ne voulant pas plus que lui que Poudlard sache qu'elles couchaient avec un Serpentard, le pire Serpentard qui plus est, l'ennemi du Trio d'or.

Et maintenant, elle en faisait partie. Mais pour elle, c'était bien pire encore, bien plus grave car elle était dans ce Trio d'or. Et puis, summum de la tragédie, elle était follement amoureuse de Draco. Follement, cet adjectif la caractérisait bien, remarqua-t-elle. La folie était bien l'incapacité de se retenir et de maitriser ses envies et pulsions ? La folie était bien de faire une chose qu'on savait interdite et/ou dangereuse ? La folie était bien d'oublier ou de préférer ignorer la morale, les lois et les risques ? Alors, oui, quand Draco entrait dans l'équation, elle était la pire des folles. Elle, si studieuse, prudente et sérieuse... Elle qui passait son temps à modérer les actes extravagants d'Harry et qui appliquait le règlement à la lettre –enfin, sauf le couvre-feu qu'elle enfreignait pour ses rendez-vous avec Draco. Folle, cinglée, inconsciente, irréfléchie... Par Merlin ! Elle perdait l'esprit !

Et qu'avait-elle en échange ? Elle avait toute l'attention physique qu'elle pouvait espérer mais, quand on fouillait du côté des sentiments et des douces paroles, c'était le vide intersidéral. Et cette absence d'amour à proprement parler, c'est-à-dire mis à part le sexe et la sensualité, lui vrillait le c½ur et le moral. Elle voulait des dîners aux chandelles, des danses sous des pluies d'été, des baisers devant un coucher de soleil... Tous ces clichés dégoulinant de guimauve et de déjà-vu ! Elle voulait être pitoyablement romantique et mièvrement amoureuse. Elle voulait des roses rouges et des boîtes de chocolats en forme de c½ur ! Elle voulait des regards tendres et des sourires amoureux !

Et elle n'était pas bien partie pour avoir ce qu'elle désirait. En fait, elle avait bien peur que Draco ne pourrait jamais ni l'aimer, ni lui offrir ce luxe qu'ont les femmes choyées et ensevelies sous des lettres d'amour pathétiques tant elles débordent de merveilleux sentiments.
Malgré son entêtement à ne pas regarder Jenny, elle finit par lever la tête et la trouva à sa table en compagnie de son amie. Elle comprit tout de suite que l'amie de Jenny mourrait de jalousie et qu'elle voulait elle aussi être dans les bras de Draco. Elle comprit également que Jenny connaissait les sentiments de son amie sur les bouts des doigts et en était satisfaite : satisfaite de la rendre si jalouse. Et Hermione détesta d'autant plus Jenny qui s'amusait de l'envie de son amie. Et dire qu'elle partageait Draco avec des filles de son genre... Elle avait envie de pleurer, de hurler et de tous les frapper ; elles et ce jeune homme qui les collectionnait comme Ron collectionnait ses cartes de Chocogrenouilles.

Prise par cette fureur, Hermione se leva brusquement. Elle rangea n'importe comment ses affaires dans son sac, passa devant les deux jeunes filles en fusillant Jenny du regard et sortit de la bibliothèque.

C'était fini. Ça ne pouvait plus durer. Ça avait déjà tellement trop duré ! Elle s'était pliée à ses sautes d'humeur et avait supporté ses sarcasmes. Elle avait menti à ses meilleurs amis et lui avait offert tout ce qu'elle avait de plus cher : sa fierté, sa virginité et ses rêves. Elle avait accepté déjà assez longtemps son silence et son infidélité. A présent, elle était bien décidée à conclure, une bonne fois pour toutes !

Elle connaissait son emploi du temps par c½ur, une faiblesse obsessionnelle qu'elle ne regretta pas à cet instant. Grâce à cela, elle put sans trop réfléchir deviner où il était : en Métamorphose, un cours mélangeant les Serpentard et les Serdaigle. Elle alla s'adosser contre le mur qui faisait face à la porte de la salle de cours et s'y laissa glisser jusqu'à ce qu'elle fut assise. Dans un quart d'heure, la sonnerie retentira, annonçant la fin de ce cours, et il sortira, ne se doutant de rien.

#



_Malefoy ! cria-t-elle.

Il l'avait remarquée sitôt qu'il était sorti de cette salle mais l'avait ignorée, comme tout le temps, pourpréserver les apparences et leur secret. Elle avait détesté. Elle en avait marre. Sa fureur avait monté d'un cran.

Il stoppa ses pas et soupira. Blaise Zabini, Pansy Parkinson, Crabbe et Goyle étaient avec lui. Comme s'il pouvait se permettre de parler avec elle ! Hermione le vit néanmoins se retourner vers elle.

_Il faut qu'on parle ! déclara-t-elle, les yeux aussi froids que sa voix.

Il en fut déstabilisé mais, heureusement, aucun de ses amis ne le remarqua. Ils étaient tous occupés à ricaner et à toiser la Gryffondor de leurs regards arrogants. Cependant, elle le vit très bien.

_Je ne vois pas ce que Dray aurait à parler avec une Sang-de-Bourbe ! fit remarquer Pansy, narquoise.
_Si tu savais, tu serais bien étonnée... et jalouse, susurra-t-elle.

Pansy hoqueta et ses yeux brillèrent de rage. Sans aucun doute, elle n'appréciait pas qu'Hermione fasse sous-entendre des choses si... déplaisantes.

Draco frémit. Désirant surement plus que tout faire cesser cette discussion qui tournait mal, il émit un bref éclat de rire, très bien joué mais qui sonna faux aux oreilles d'Hermione.

_Tu es pleine d'humour, Granger, aujourd'hui ? Mais c'est parfait ! s'exclama-t-il, faussement joyeux. C'est bon, les gars, je vous rejoins, juste le temps que je lui règle son compte.

Zabini lança un regard moqueur à Hermione avant de murmurer elle-ne-savait-quoi à Draco et il s'en alla, suivi de Pansy qui la fusilla du regard, de Crabbe et de Goyle.

Dès que le couloir fut désert, Draco perdit son sourire et observa Hermione avec une colère froide.

_Je peux savoir à quoi tu joues ? cracha-t-il, presque calmement.
_A quoi je joue ? répéta Hermione.

Elle esquissa un bref sourire avant de s'approcher à pas lents de Draco. Elle sentait parfaitement la rage affluer dans ses veines et elle pressentait l'explosion mais, aussi bizarre que cela puisse paraître, elle l'attendait avec impatience.

_Je ne joue pas et c'est bien ça qui nous oppose, Draco, souffla-t-elle, la voix tremblant de rage.

Il haussa un sourcil, ne comprenant vraisemblablement pas de quoi elle voulait parler. Il la regardait rétrécir la distance entre eux, étonné.

_Je ne comprends rien, Granger ! s'agaça-t-il.

La goutte d'eau. La phrase de trop. Folle de rage, elle lui agrippa le col de sa chemise et le plaqua contre le mur le plus proche. Elle était bien moins forte que lui mais, trop surpris, il n'avait rien tenté pour l'en empêcher. Elle prit fermement les extrémités de sa cravate dénouée et qui pendaient de chaque côté de son col de chemise et tira dessus pour le forcer à baisser sa tête au niveau de la sienne. Ainsi, elle lui hurla sa colère, son visage très près du sien, ses yeux plongés dans les siens.

_Tu n'as jamais rien compris, de toute façon ! Ni combien ça me met hors de moi que tu m'appelles par mon nom de famille quand on fait l'amour, ni combien je n'en peux plus de te voir flirter avec une autre, à peine une heure avant nos rendez-vous ! Tu ne comprends jamais mes regards ou mes silences ! Tu es égoïste et distant et si lunatique ! Tu ne fais attention à moi que quand on est seuls, et encore dans ses conditions, tu trouves le moyen de me lancer des insultes ! Tu ne comprends pas que je n'en peux plus de cette relation, que j'en ai ras le bol ! Que j'allais finir par craquer –et j'ai craqué !

La voix haletante et encore tremblante de rage, elle finit sa tirade en lui envoyant un coup de poing à la figure. Elle y avait mis toute sa fureur et toute sa force, si bien que la tête de Draco rebondit avec un bruit sourd contre le mur, celui-même contre lequel la Gryffondor l'avait plaqué.

Sonné, il se retenut difficilement au mur pour ne pas tomber.

_Ça vaut même pas ce que tu me fais endurer ! siffla Hermione en le regardant reprendre ses esprits.
_T'es cinglée, commenta Draco en lui jetant un regard noir, se massant le crâne.

Elle resta silencieuse un moment, méditant la remarque. Il fallait qu'il sache. Peu importe ce qu'il adviendrait, il fallait qu'il sache. Ça ne servait plus à rien de le lui cacher.

_C'est ça le problème, Draco, tu m'as rendue folle de la pire façon ; folle de toi ! révéla-t-elle gravement.

Il ouvrit de grands yeux ébahis. il n'y avait pas besoin de lire dans ses pensées pour comprendre qu'il n'en revenait pas.

_Quoi ?

Elle souffla, de nouveaux énervée. Pourquoi fallait-il qu'il ne comprenne jamais rien ? Le dire une fois l'avait déjà si tourmentée mais le répéter ! Elle ne s'en sentait pas capable. Au fond d'elle, elle savait très bien qu'elle ne voulait pas qu'il la rejette.

_Tu ne peux pas ! s'écria-t-il, au bout d'un moment. Que crois-tu ? Que je resterai avec toi si tu m'aimes...
_Non ! l'interrompit-elle, agacée. Je sais.
_Alors, dis-moi que c'est faux. Dis-moi que tu m'aimes pas et rien ne changera, lui promit-il.
_Justement, je veux que ça change. Je veux que tu changes.
_Je ne changerai pas.

Cette phrase sonna comme une pierre qui touche le fond d'un puits : résonnante et implacable. Pire qu'une douche froide ou qu'un coup de poing dans le ventre, broyant les entrailles et redoublant la douleur. Un retour à l'affreuse réalité ou la fin de toute vaine espérance. La sonnerie du réveil qui annonce la fin d'un rêve merveilleux. Hermione chancela.

_Je ne t'aime pas. Je ne t'ai jamais aimée. Je n'ai pas besoin de toi. Tu peux aussi bien disparaître pour toujours que ça ne me fera rien. Alors, n'exige pas que je change pour toi. Tu n'en vaux pas la peine, ne te fatigue pas.

Et il s'en alla, laissant ses phrases résonner inlassablement dans l'esprit embrumé d'Hermione. Et ses pas contre le sol froid du couloir finirent par s'éteindre alors qu'Hermione laissait ses larmes ruisseler sur ses joues. Elle se laissa tomber par terre.

L'espoir est une chose dangereuse chez les humains... Ils se laissent guider par lui, écoutent ses murmures merveilleux et se laissent aller à les rêver. Avec l'espoir, ils croient tout possible et sacrifient tout. Ils oublient leurs limites et les règles inaliénables qui ne cessent pas d'exister pour autant.

Et c'est quand l'espoir disparait aussi instantanément qu'un ballon qu'on crève que les humains comprennent que si seulement ils n'avaient pas espéré, ils n'auraient jamais tout fait pour être dans cette situation si alarmante.

Hermione en était là de sa lamentation. Elle se réprimandait de s'être laissée guider par l'espoir de changements et de bonheur.

Cependant, elle a oublié une chose certes illusoire mais qui a son importance : si l'être humain est aussi haut et est allé aussi loin, s'il a surpassé tout ce qu'il croyait si insurpassable, c'est justement parce qu'il a laissé l'espoir le porter...

#



Sept semaines étaient passées douloureusement et Hermione ne voyait toujours pas la fin de son supplice. Elle faisait pourtant comme si de rien n'était. Elle ne voulait surtout pas alerter ses amis. C'était agir vainement, cependant, car ni Harry, ni Ron ne se laissaient duper. Ce dernier avait même un peu délaissé sa bien-aimée Lavande pour venir s'enquérir de son état. Elle lui avait assuré que tout allait à merveille ; « Juste une insomnie, c'est rien ! » Ron avait fait la moue, peu convaincu, et lui avait fait promettre de tout lui dire si elle n'allait pas bien. Hermione avait promis, en croisant les doigts derrière son dos.

Elle ne croisait quasiment pas Draco qui était souvent absent aux cours en commun avec les Gryffondor. Elle avait vite deviné qu'il l'évitait. Pas besoin d'être Dumbledore pour le comprendre, d'ailleurs. Pourtant, le fait de ne presque pas le voir n'avait pas fait diminuer sa douleur ou ses sentiments, mais avait juste rendu sa torture encore plus terrible.

Et cette nuit, comme toutes les précédentes, elle ne trouvait pas le sommeil. Elle regardait le plafond, cherchant le moyen de mettre fin à cet enfer. Elle avait bien trouvé des solutions mais bien trop radicales : le suicide –elle avait cependant bien trop envie de vivre- ; le filtre d'amour –mais elle ne voulait pas s'abaisser au niveau de Romilda Vane- ; le chantage –trop Serpentard.

Allongée dans son lit, elle poussa un long soupir. C'était peine perdue, elle ne dormirait, ni ne trouverait de remède ! Elle quitta donc son lit et enfila des bottes ainsi qu'une veste : à quoi cela servirait-il de rester bêtement dans son lit à se morfondre sur son triste sort ? Elle préférait encore aller se promener.

_Qu'est-ce que tu fais ?

Elle sursauta et se prit le bord de sa table de chevet dans la cuisse. Se mordant les lèvres pour ne pas crier de douleur, elle se tourna vers la voix qui l'avait questionnée : Parvati Patil. Grâce à la lumière de la lune qui filtrait par la fenêtre, Hermione put noter sa mine endormie mais étonnée.

_Je n'arrive pas à dormir, répondit Hermione.
_Pourquoi ?

La question la prit de court. D'habitude quand on disait à quelqu'un qu'on n'arrivait pas à dormir, cette personne ne vous posait pas plus de question et retournait dans le monde des rêves. Mais il fallait croire que Parvati n'était pas vraiment n'importe qui.

_Pas l'humeur, ni le moral, marmonna-t-elle.
_J'ai remarqué. Ces derniers temps tu es... différente. Pourquoi ?

Encore cette question agaçante. « Pourquoi ? »

_Tu sais, Hermione, on peut parler. Je ne dirai rien.
_Je...

Elle allait refuser le plus poliment dont elle était capable quand elle remarqua qu'être la seule au courant de leur liaison était étouffant. Elle voulait réellement se confier et, là, au milieu de la nuit, Parvati sembla la personne parfaite.

_D'accord.
_Descendons à la Salle Commune, proposa Parvati.

Hermione acquiesça et la suivit. Il ne valait mieux pas, en effet, que Lavande se réveille et entende leur discussion.

Elles prirent place dans les canapés qui entouraient la cheminée que Parvati alluma d'un coup de baguette qu'elle avait prit soin d'emmener. Le silence les enveloppa une brève minute avant que Parvati prenne la parole.

_Alors ? Qu'est-ce qui t'empêche de dormir ?
_C'est compliqué.

Surtout compliqué à avouer, en fait. Elle avait peur de la réaction de l'indienne quand elle lui avouerait qu'elle avait embrassé le Prince des Serpentard mais était aussi sortie avec lui... Pire encore, avait couché avec lui.

_Toutes les histoires avec les garçons sont compliquées, remarqua Parvati, malicieuse mais sérieuse.

Hermione sursauta violemment, surprise. C'était étonnant qu'on la soupçonne et la devine liée avec des garçons, oubliant son étiquette de première de sa promotion et de rat de bibliothèque, mais aussi particulièrement agréable.

_Les insomniaques sont tous des c½urs brisés, expliqua Parvati en riant légèrement. Mais quel mec, ça je ne sais pas... Ron ?
_Non.
_Harry, peut-être ?
_Quoi ? s'écria-t-elle, horrifiée. Jamais, c'est mon meilleur ami !
_Pas Ron ? répliqua Parvati, ironique.
_Si mais... Enfin, à un moment donné, je l'ai aimé..., avoua-t-elle, gênée.
_Oui, ça, tout le monde le sait, rit-elle en lui lançant un clin d'½il. C'est Viktor Krum qui te manque ?
_Draco.

C'était sorti tout seul. Cet interrogatoire l'avait trop stressée. Elle n'en pouvait plus.
Parvati la regarda, ébahie.

_Tu veux dire... Draco... Celui qu'on connait tous ?... Le Draco Malefoy ? s'exclama-t-elle.
_Oui, lui-même, répondit Hermione, en se tordant les mains.
_Alors, là, Hermione ! lâcha Parvati, excitée comme une puce. Tu me laisses sur le cul ! J'aurais pu imaginer toutes les histoires : tu étais amoureuse folle de Diggory et, comme cette pouf de Chang, même après sa mort, tu ne peux l'oublier ; Crabbe et son estomac à rallonge te font fantasmer mais tu ne peux pas assumer tes sentiments ; Rogue et sa perruque graisseuse te donnent des envies pas très respectables ; ou même tu as le béguin pour Nick-Quasi-Sans-Tête. Mais là, Oh Par Merlin, je n'en reviens pas !
_Je sais, c'est horrible, se lamenta-t-elle.
_Horrible ? Tu déconnes ? C'est le top du romantisme ! Tu vois Roméo et Juliette ? Bah toi, c'est encore mieux, s'émerveilla Parvati, en faisant de grands gestes théâtraux. « Deux jeunes sorciers que tout oppose : maisons ennemies ; sangs incompatibles ; rangs inverses. Un amour si fort qu'aucune barrière ne peut freiner... »
_Amour à sens unique, crut-elle bon de préciser en la coupant, amère.

Décontenancée, elle cessa son spectacle et hoqueta.

_Hein ?
_Je l'aime mais pas lui, s'énerva Hermione. Tu n'as pas remarqué que toutes les filles sont passées dans son lit ? Tu n'as pas remarqué que c'est le pire dragueur insensible qui n'ait jamais existé ? Il m'a embrassée, il m'a donné des rendez-vous secrets le soir, on s'est envoyé en l'air... Mais c'est tout ! Tu comprends ? Je suis... juste une fille de plus.

Sur ce, elle éclata en sanglot. Parvati la prit gauchement dans ses bras, lui caressant le dos. Elle se sentait un peu responsable de cette crise de larme. Elle n'avait pas réagi de la façon dont il aurait fallu et elle s'en voulait réellement.

Quelques minutes plus tard, Hermione avait calmé ses pleurs et fixait silencieusement les flammes dans la cheminée. Alors que Parvati restait pensive... Soudain, elle s'exclama :

_Hermione ! Je sais ! Alors, écoute-moi-bien...
_Laisse, Parvati, c'est pas la peine...
_Non, non ! Il faut que tu contre-attaques ! Tu vas pas te laisser piétiner comme ça, sans rien dire ? Oh, eh, je parle bien à une Gryffondor, quand même ?
_Parvati..., soupira Hermione.
_Tu l'aimes, n'est-ce pas ? s'enquit-t-elle.
_Oui, mais...
_Beaucoup ?
_Oui, mais...
_Beaucoup, beaucoup ?
_Parvati ! s'agaça Hermione.
_Alors, il t'aimera ou il crèvera !

A suivre 

Mon Avis :
Vraiment pas mal et très bien écrit
 
 

Tags : draco-mione-so-cute

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